Nouvelle rupture de câbles sous-marins : l'Afrique de l'Est dégrade pendant 11 heures
Une rupture simultanée sur les câbles EASSy et SEACOM a provoqué des coupures d'internet affectant le Kenya, la Tanzanie, le Mozambique et la Zambie. L'incident relance le débat sur la résilience des connexions intercontinentales africaines.
Publié le
2 juin 2026
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L'incident
Le 1er juin 2026 à 03h14 UTC, deux câbles sous-marins majeurs desservant l'Afrique orientale et australe ont subi des ruptures en l'espace de 40 minutes. EASSy (Eastern Africa Submarine Cable System) a été affecté en premier, puis SEACOM. La coïncidence temporelle suggère une cause commune — probablement un mouvement sédimentaire sous-marin dans la zone du canal du Mozambique, déjà identifiée comme zone à risque.
La fenêtre de dégradation a duré 11 heures, de 03h14 à 14h22 UTC. Pendant cette période, les capacités de transit intercontinental vers l'Europe et l'Asie ont été réduites de 60 à 75 % selon les pays.
Pays et services touchés
Kenya : Safaricom a signalé des perturbations sur ses services de data mobile et sur M-Pesa, utilisé quotidiennement par plus de 30 millions de personnes. Les transactions M-Pesa ont chuté de 40 % pendant 4 heures avant que le trafic soit rerouté via TEAMS.
Tanzanie : TTCL et Airtel Tanzania ont enregistré des latences multipliées par 8 à destination de l'Europe.
Mozambique : TDM (Telecomunicações de Moçambique) n'avait pas de capacité de reroutage suffisante ; les services cloud gouvernementaux sont restés inaccessibles pendant 9 heures.
Zambie : Zamtel a signalé une interruption totale de ses liaisons internationales pendant 2 heures.
Le problème structurel
L'Afrique de l'Est dispose d'un nombre insuffisant de câbles sous-marins diversifiés géographiquement. La plupart des câbles qui desservent la côte est africaine (EASSy, SEACOM, TEAMS, EASSY) partagent des segments de route communs et des points d'atterrissage proches. Une rupture dans la zone mozambicaine affecte plusieurs câbles simultanément.
Par comparaison, l'Europe de l'Ouest dispose de plus de 30 routes de câbles sous-marins distinctes. L'Afrique de l'Est, avec 7 câbles actifs, est structurellement sous-provisionnée.
Le câble 2Africa : une solution partielle
Le câble 2Africa, dont le déploiement se poursuit en 2026, doit ajouter une capacité significative et des routes alternatives. Cependant, 2Africa suit largement le même tracé côtier que les câbles existants sur plusieurs segments. La diversité géographique reste insuffisante.
Ce que les gouvernements et opérateurs doivent anticiper
— Renforcer les accords d'interconnexion terrestres transfrontaliers (fibre terrestre) pour le reroutage d'urgence. — Exiger des opérateurs une documentation publique de leurs capacités de reroutage. — Investir dans des IXP (points d'échange internet) nationaux robustes pour maintenir le trafic local en cas de coupure internationale. — Envisager des connexions satellitaires (Starlink, OneWeb) comme capacité de secours pour les services gouvernementaux critiques.
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